Archives pour la catégorie »Relou «

sept
05

Je suis un roseau.

Lors de mon inscription, j’ai reçu une jolie feufeuille avec les dates de la rentrée, à savoir lundi aprem et mardi toute la journée. Un des deux jours était barré. Les secrétaires m’ont expliqué que c’était parce qu’il n’y avait pas assez de place dans l’amphi ou je sais pas quoi. Elles se sont donc emmerdées à barrer bien proprement à la règle une ligne sur deux sur 200 feuilles.

Hier, coup de fil de la binôme : « L’IUFM vient de m’appeler, en fait la pré-rentrée c’est les 2 jours, elles se sont plantées, c’est lundi aprem ET mardi journée ». OK, après avoir passé des heures à barrer, elles vont donc appeler 200 personnes pour les prévenir. Remarque, après avoir appelé 150 personnes pour décaler le rendez-vous d’inscription, elles sont plus à ça près. J’espère qu’elles ont un forfait téléphonique intéressant, quand même.

Quand mon téléphone a sonné et que j’ai entendu « ouiiiii, bonjouuur, c’est l’IUFM de Strasbouuurg », j’ai pas pu m’empêcher de faire ma fière et de dire « oui oui, je suis au courant, c’est les 2 jours la rentrée », et j’ai pas du tout écouté ce que me disait la dame, parce que tu vois, je suis une initiée.

Et hier soir, en allant sur edp (forum enseignants du primaire), je vois que tout le monde a eu ce coup de fil, MAIS que pour certains c’est lundi journée et mardi matin (et non pas l’inverse, vous suivez). Ouais, mais moi j’ai pas écouté ce qu’elle disait la dame, tellement sûre de mon coup. J’ai donc voulu les appeler… il était 17h57. Evidemment, elles étaient déjà parties en week-end (POURQUOI il est toujours 17h57 un vendredi soir quand je veux les appeler ?!).

Je suis une gourde, une vraie gourde, je dois attendre lundi, maintenant. Alors que je DÉTESTE attendre.

Ya quand même des moments, on se demande à quoi sert un site internet… (dit-elle pour se décharger de sa grosse connerie)

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sept
01

Lundi, 20h30 : Je rentre, épuisée, dégoûtée. Mais comment en est-on arrivé là ?

************** Flash-back ****************

8h : Je me lève, guillerette. Anéfé, fini le boulot, et aujourd’hui je m’inscris à l’IUFM, avec ma binôme.

11h30 : J’arrive chez elle, nous décidons de prendre sa voiture pour la journée, et d’aller manger avant de s’inscrire. Elle a rendez-vous à 13h30, moi à 15h.

12h : Alors que je suis en plein dans mes carbonara-parmesan (béni soit le Mezzo di Pasta), je reçois un coup de fil de l’IUFM : blablabla gros problèmes informatiques, blabla venez vendredi à 14h. Sous le choc, je réponds « oui d’accord« .

12h02 : Prise de conscience : ils vont continuer les inscriptions mardi, mercredi et jeudi, en arrivant vendredi, il n’y aura plus de places à Strasbourg, je serai affectée à Colmar. PAS MOYEN, j’ai bossé dur pour être assez bien classée et avoir le choix. La binôme n’a pas été appelée, nous en déduisons qu’ils ne sont pas dans l’impossibilité de travailler, mais qu’ils ont seulement pris du retard, et je suis prête à attendre mon tour.

13h30 : Arrivée à l’IUFM. Les rendez-vous de 11h30 sont en train de passer. Explication de la dame : un seul serveur a été prévu par l’université pour les inscriptions. Or, comme tout le monde s’inscrit en même temps, ça saute trèèès régulièrement. Je mens comme une arracheuse de dents en disant que je travaille vendredi, que je me suis déplacée de loin pour venir, que j’ai pris un jour de congé exprès, et que je suis prête à attendre aussi longtemps qu’il le faut. D’accord, je serai inscrite à la fin.

Je tiens à signaler que les dames du service admission ont été très gentilles, très arrangeantes, pas du tout dans le cliché de la secrétaire de fac qui t’envoie chier. Elles étaient aussi embêtées que nous, et faisaient tout leur possible. Le problème, c’est que leur possible, c’est pas grand chose, nous verrons cela plus loin.

15h : La binôme est inscrite, elle doit maintenant faire son « pass campus ». C’est une carte à puce trop kikoolol qui fait carte d’étudiant, carte de tram, de train, de resto U. Pour la faire, faut se faire prendre en photo par une webcam, puis le fichier de la photo est imprimé sur la carte, qui est créee par une machine. Cette machine ne marche pas, elle non plus.

16h : La machine remarche, mais cette fois, les serveurs ont sauté très fort, impossible de continuer les inscriptions. Pendant tout ce temps, ni moi ni ma copine n’osons aller faire des courses, de peur que ça remarche et qu’on loupe le coche.

17h : On se fait chier dans un IUFM quand même.

17h30 : Le serveur ne redémarre plus. Ca fait 2h qu’il reste 5 personnes à inscrire. Et là, éclair fulgurant chez les secrétaires : elles vont prendre nos dossiers papier, et nous inscrire informatiquement dès que ça remarchera. Ca c’est de l’idée quand même. On se demande pourquoi elles l’ont pas eue plus tôt. J’entre dans le bureau, et là, je comprends.

17h31 : La secrétaire me repose TOUTES les questions du formulaire que j’ai DÉJÀ rempli. Elle bavarde à moitié avec sa collègue « on a qu’à leur demander une photo pour le pass campus – oui mais comment on fera ? – ben on la scanne – oui mais on a pas de scanner » (on note l’équipement high-tech). Elle me répète des trucs que je sais déjà : Vous n’avez jamais été inscrite à l’Université de Strasbourg, hein ? – Si (comme c’est marqué sur l’attestation de licence que tu viens de lire, et comme c’est précisé partout dans le dossier dont tu viens de vérifier chaque point avec moi) – Ah, alors la carte culture elle est payante – Je sais (c’est la cinquième année que je la paye, je suis au courant) – C’est 6€50 – Je sais (c’est marqué en gros à côté de la case « carte culture » à cocher) – Parce qu’elle est gratuite à la première inscription, mais là vous avez déjà été inscrite, alors vous devez la payer – Je sais.

Suite à ça, est venue l’étape délicate des frais d’inscription. J’ai pris la carte culture, mais pas la carte sport. Nous avons une feuille avec tout récapitulé. Au lieu d’additionner les montants (inscription+carte culture+sécu), il a fallu qu’elle coche devant chaque chose que je prends, qu’elle marque « NON » à côté de chaque chose que je ne prends pas, puis « Corriiiiiiine, la grille des droits d’inscriptiooooon, elle est oùùùù ? » (la nana, ça doit être sa 100ème inscription de la journée, mais elle connaît toujours pas les montants par coeur) La grille était à côté d’elle. Au lieu de me dicter le montant, elle a du le marquer sur la feuille remplie de croix et de NON, puis m’a tendue la feuille. Ouf, on y arrive.

Et là, dans le silence nécessaire à ma concentration pour rédiger le chèque, j’entends la voix de Ginette « olala, tu as déjà fini, tu vas viiiiite« . Rire étouffé.

17h46 : Je sors de l’IUFM, sans ma carte pass campus (il faut le certificat de scolarité, édité par l’ordi après la saisie impossible du dossier because les serveurs ont sauté). Je vais avoir le droit, le jour de la rentrée, de faire la file avec tous les gens dans le même cas que moi (compter 1h, donc), en espérant que ce jour-là, la machine marche. La binôme propose d’aller acheter des bouquins à la FNAC.

18h31 : Sortie de la FNAC, délestée de 130 euros et lestée de kilos de livres. La binôme me demande si je veux bien l’accompagner à Ikea (je rappelle que je suis tributaire de sa voiture), juste pour chercher une facade de porte de cuisine et des pieds de bureau. Bon, ok. Sauf que pour la facade, faut faire la queue, qu’on trouve pas les pieds de bureau dans les rayons à la fin, etc. On rentre chez elle, je récupère ma voiture, je rentre chez moi.

20h30 : Je rentre, épuisée, dégoûtée

Fuck la fac, fuck le con qui n’a acheté qu’un seul serveur, fuck les secrétaires qui ont bossé toute la journée mais tellement doucement que j’ai failli leur dire « laissez, je vais le faire moi-même, ça ira plus vite », fuck fuck fuck.

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août
07

Bonjour.

Réveil agréable ce matin : coup de fil de ma banque. Mais elle n’est pas en cause, au contraire, elle a assuré. J’ai eu 5 jours de retard pour le paiement de mon loyer (le virement automatique n’est pas passé), dans l’heure qui suivait le coup de fil de mon proprio, je l’ai viré. Mais il a jugé bon de téléphoner à ma banque pour demander si c’était elle en cause ou si c’était parce que je sais pas gérer mon argent. Il en a aussi profité pour demander la solvabilité de mes cautionnaires. Il s’est gentiment fait envoyer chier.

Je sens que le jour où je vais lui demander un papier stipulant que j’ai payé mes loyers correctement, il va me dire « ah nononon, en août 2009, vous aviez 5 jours de retard »…

Ensuite, petit boulot, des heures de ménage (en dehors de l’hôpital) chez une connaissance (qui me paye). J’arrive, c’est le bordel le plus total. Je signale que je n’aurai pas trop le temps de tout ranger à fond aujourd’hui, parce que j’ai des milliards de choses à faire. « Ah mais t’as jamais le temps, c’est embêtant ça ». Est-il besoin de préciser que je bosse à plein temps, et que, durant l’année scolaire passée, je rajoutais ça aux heures de cours, heures d’autre petit boulot (15h/semaine), heures de travail à la maison ? Et que demain je suis témoin d’un mariage et que donc j’ai des tonnes de courses à faire pour le mariage alors que je bosse jusqu’à 20h30 à l’hôpital ? Alors NON, j’ai pas le temps.

En sortant, je vais acheter les choses pour le mariage sus-cité. Je passe m’acheter des boucles d’oreilles, où, après 5 minutes d’attente (il n’y avait personne dans le magasin), j’ai du moi-même aller chercher la vendeuse pour qu’elle m’encaisse.

Je reviens à ma voiture, une camionnette était garée derrière moi, je ne pouvais plus sortir de ma place de parking.

Sois un roseau, Princesse Lily, sois un roseau.

(et encule-les tous à sec avec du verre pilé)

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août
03

Attention, ceci ne sera un billet très jojo jojo.

J’ai commencé aujourd’hui mon job d’été à l’hôpital psychiatrique. La psychiatrie ne m’intimide pas, c’est la troisième année que j’y vais. J’ai même trouvé ça très intéressant, de voir à quel point l’être humain peut devenir déviant mentalement, et les conséquences physiques que ça a.

Mais cette fois, c’est différent, je suis en long séjour. J’appréhendais, car souvent, les femmes de ménage se retrouvent à faire des toilettes de patients, pour cause d’effectif insuffisant. Ce n’était pas de la toilette en soi dont j’avais peur, c’était de mal la faire, de provoquer des infections, de faire mal. Finalement, elles ne sont pas au programme.

Ma mère, qui est infirmière, m’a souvent dit que le long séjour, c’était une horreur niveau travail. J’attribuais ça aux tâches répétitives, toilettes, repas, j’imaginais que ça ne devait pas être très intéressant.

Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi elle m’a dit ça. Cet environnement est tout simplement terrifiant, car la mort est partout. Ce sont des patients en fin de vie. Ils n’ont plus aucune autonomie, portent des couches, pour la plupart ne peuvent manger sans aide, ne parlent plus, grognent à la place, restent assis stoïquement toute la journée.

Je me suis sentie mal à l’aise, car, au contraire d’un autre service, plus personne ne peut rien pour eux, c’est la fin de la course, on a perdu. Certains patients essayaient de me parler, mais, ne comprenant rien, je ne pouvais pas répondre. J’avais l’impression, en faisant ça, de nier leur humanité. Ils cherchent à nouer un contact, à communiquer,  pourtant je ne peux rien faire, je ne peux pas répondre.

Le point culminant de la journée a été atteint lorsque je nettoyais la chambre d’un patient alité. Il s’est avéré que c’était une patiente, je ne l’avais pas remarqué tellement son corps était abimé. Sur sa table de chevet était posée une photo d’elle il y a quelques années, et, même en sachant que c’était elle, elle était méconnaissable.

C’est un endroit extrêmement paradoxal, entre deux mondes. D’un côté, ce sont, comme nous tous, des êtres humains. D’un autre, ils ne le sont presque plus, tellement la fin est proche. D’un côté, c’est un hôpital, un établissement de soins, et pourtant, la fin de la bataille est proche, et tout le monde connaît l’issue. Et je ne sais pas. Je ne sais pas comment faire pour leur apporter quelque chose qui les fera se sentir encore un peu vivants, alors qu’ils sont déjà presque morts.

Mon arrière-grand-mère, même juste avant sa mort, à 93 ans, n’avait pas atteint cet état de décrépitude (je n’emploie pas ce mot de manière péjorative, je pense simplement que c’est le mot approprié, j’ai le sentiment de voir des personnes tomber en lambeaux). Je suis terrifiée dans cet endroit, je sens la mort roder, je sens ces patients qui n’ont plus rien d’autre à faire que d’attendre de mourir, qui ne font d’ailleurs que ça, qui ne vivent plus leur vie, et je ne peux qu’observer, et laver le sol.

Je suis rentrée chez moi en pleurant, et en ayant une estime infinie pour les personnes qui travaillent là-dedans. Je n’imagine pas à quel point il faut être fort pour mener ce combat perdu d’avance.

Pardon pour tous ces épanchements, mais je dois tenir un mois, j’ai besoin de sortir tout ça. Le moins que je puisse faire, c’est assurer aux résidents un environnement propre, à défaut d’un environnement agréable.

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